Douze mois, deux ans, ou davantage : la longévité d’une araignée chez vous n’obéit à aucune règle simple. Certaines disparaissent sans bruit avant la fin de l’année, d’autres traversent les saisons, invisibles mais bien présentes derrière une plinthe ou au fond du grenier. Chez la tégénaire, la routine d’une vie discrète s’étend parfois au-delà de deux ans. Même privées de nourriture, ces habitantes silencieuses tiennent bon : elles peuvent patienter des semaines, parfois des mois, sans rien attraper.
Leur parcours dépend d’un faisceau de facteurs : espèce, climat intérieur, accès à la nourriture. Un ménage appliqué ne fait pas tout : les plus tenaces trouvent toujours un recoin oublié où poursuivre leur existence, à l’abri de l’aspirateur et de l’œil humain.
Quels types d’araignées vivent chez vous et combien de temps peut-on les croiser dans la maison ?
Dans les maisons françaises, plusieurs espèces d’araignées ont élu domicile. Certaines se sont adaptées au confort du foyer, tirant profit de la chaleur, de la stabilité et des proies faciles. Deux figures dominent : la tégénaire domestique (Tegenaria domestica), robuste et massive, affectionne caves et garages ; le pholque phalangide (Pholcus phalangioides), plus élancé, préfère les hauteurs et les coins discrets. Leur cycle de vie oscille généralement entre un et deux ans, parfois davantage pour les femelles, qui veillent sur la relève à travers les saisons.
La tégénaire, avec ses longues pattes, tisse sa toile dans les recoins sombres, tandis que le pholque s’étend dans les angles calmes, souvent hors de portée. Ces espèces, parfaitement acclimatées à la vie domestique, peineraient à survivre dehors : elles tirent parti de la régularité thermique et de la nourriture que procure un intérieur habité.
Chez ces araignées, la femelle se distingue par sa longévité : elle dépasse souvent le mâle, qui meurt peu après la reproduction. Le cycle se poursuit, des œufs aux nymphes, jusqu’à la génération suivante. Si certaines espèces exotiques, comme la tarentule Goliath, battent des records en captivité, elles ne font pas partie du décor quotidien sous nos latitudes.
Voici un aperçu des durées de vie des principales espèces rencontrées à la maison :
- Tégénaire domestique : 1 à 2 ans dans la maison
- Pholque phalangide : 1 à 2 ans, souvent caché dans les hauteurs
- Mâle araignée : vie plus brève, terminée après la reproduction
- Femelle araignée : espérance de vie supérieure, assurant la descendance
La longévité de ces araignées varie selon la nourriture disponible, l’absence de prédateurs et le degré d’intervention humaine. Leur présence n’est pas anodine : elles participent à l’équilibre de l’écosystème domestique et contribuent à limiter la prolifération d’insectes.
Comportements, survie sans nourriture et conseils pour mieux cohabiter avec les araignées domestiques
Regardez une araignée de maison : elle attend, immobile, tendue sur sa toile, à l’affût du moindre signe. Prédateur patient, elle chasse moustiques, mouches ou fourmis, jouant un rôle discret mais efficace contre les insectes indésirables. Sa sobriété est remarquable : la tégénaire ou le pholque peuvent jeûner plusieurs semaines d’affilée, puisant dans leurs réserves, du moment que température et humidité restent favorables.
Leur résistance frappe. En cas de disette, l’araignée ralentit tout : elle réduit ses déplacements, économise son énergie, attendant des jours meilleurs. Mais face à l’aspirateur, au chat ou à des gestes brusques, leur chance s’amenuise. Aspirée, elle ne survit pas ; déplacée avec précaution, à l’aide d’un verre et d’une feuille de papier, elle retrouve parfois une nouvelle cachette et s’adapte ailleurs.
Le fait de croiser une araignée à la maison témoigne d’un équilibre silencieux : ces espèces, inoffensives en France, vivent discrètement, loin des passages. Pour limiter leur venue, il suffit déjà de réduire les sources d’insectes, d’éviter les traitements chimiques systématiques et d’aérer régulièrement. Derrière la peur, bien des idées fausses demeurent : ces animaux précieux ne piquent pas, ne transmettent pas de maladies et s’avèrent précieux pour l’équilibre du foyer. Une approche mesurée l’emporte sur l’éradication, pour une cohabitation plus sereine.
Quelques principes simples permettent de mieux vivre avec ces habitantes discrètes :
- Tolérance : un atout pour la biodiversité de la maison
- Déplacement doux : verre et papier plutôt qu’aspirateur
- Observation : repérez les toiles dans les coins calmes, loin des regards
Dans le silence feutré d’un placard ou derrière une poutre, l’araignée poursuit sa vie, invisible mais tenace, preuve vivante qu’un foyer n’est jamais tout à fait immobile.


